
Imaginez un pont suspendu.
Il doit rester suffisamment flexible pour absorber de puissantes rafales de vent tout en étant assez solide pour supporter des milliers de voitures chaque jour. Trop flexible, il devient instable. Trop rigide, il perd sa capacité d'adaptation.
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La conception d'un pied prothétique présente un défi étonnamment similaire.
Chaque pas impose au pied des exigences mécaniques contradictoires en une fraction de seconde. Lorsque le talon touche le sol, le pied doit être assez souple pour absorber l'impact et s'adapter à la surface. Un instant plus tard, il doit devenir assez stable pour supporter le poids du corps avant d'aider à la propulsion.
Nos chevilles biologiques accomplissent cet équilibre sans effort. Les pieds prothétiques tentent de reproduire cela depuis des décennies.
Mais avant de comprendre pourquoi ce défi est si difficile à relever, nous devons d'abord répondre à une question simple :
Qu'est-ce que la rigidité d'un pied prothétique, et pourquoi est-ce si important ?
La rigidité d'un pied prothétique décrit la résistance à la flexion qu'oppose le pied lorsque des forces sont appliquées pendant la marche.
Bien que la rigidité soit souvent perçue comme une propriété purement mécanique, ses effets sont très concrets pour l'utilisateur. Elle influence la stabilité, le confort et la sensation naturelle de la marche à chaque pas.
Dans ce contexte, la rigidité désigne la résistance à la déformation, tandis que la souplesse décrit la capacité à se déformer sous une charge. Une structure plus souple est donc généralement moins rigide.
À première vue, la rigidité peut sembler être un choix simple entre deux extrêmes :
En réalité, la marche est bien plus complexe que cela.
La cheville humaine ne fonctionne pas avec un seul niveau de rigidité. Son comportement mécanique change continuellement tout au long du cycle de marche, s'adaptant aux besoins du corps à chaque instant.
Au début du pas, une certaine souplesse aide à amortir le contact avec le sol et à s'adapter à la surface. À mesure que le corps passe au-dessus du pied, la stabilité et le soutien deviennent de plus en plus importants. Lors de la poussée, le pied doit soutenir efficacement la progression vers l'avant.
En d'autres termes, une marche efficace dépend moins d'avoir une rigidité parfaite que d'avoir la bonne rigidité au bon moment.
C'est précisément ce qui fait de la conception d'un pied prothétique un défi d'ingénierie aussi complexe.
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La plupart des pieds prothétiques sont disponibles dans différentes catégories de rigidité, généralement sélectionnées en fonction du poids et du niveau d'activité de l'utilisateur. C'est un point de départ essentiel.
Cependant, choisir la bonne rigidité n'est qu'une partie de l'équation.
La marche est un processus dynamique. Les exigences mécaniques imposées au pied évoluent constamment d'une phase de marche à l'autre. Un pied trop rigide peut limiter le mouvement naturel et rendre la progression moins fluide. Un pied trop souple peut peiner à offrir une stabilité suffisante lorsque le corps passe au-dessus.
La cheville biologique équilibre continuellement ces exigences opposées sans que nous nous en rendions compte.
Cette capacité à passer en douceur de la flexibilité à la stabilité est l'une des caractéristiques déterminantes de la marche humaine et l'une des raisons pour lesquelles la biomécanique de la marche prothétique reste un défi d'ingénierie aussi fascinant.
Si modifier le comportement mécanique tout au long d'un pas est si important, pourquoi est-ce encore un défi si difficile pour les pieds prothétiques passifs ?
La réponse réside dans la manière dont de nombreux pieds prothétiques passifs conventionnels sont conçus.
De nombreux pieds prothétiques à restitution d'énergie (ESR) reposent principalement sur un ou plusieurs éléments composites flexibles agissant comme des ressorts. Lorsque l'utilisateur charge le pied pendant la marche, ces éléments se plient et emmagasinent de l'énergie mécanique avant d'en restituer une partie plus tard dans le pas pour favoriser la progression vers l'avant.
Ce principe a transformé la conception des pieds prothétiques au cours des dernières décennies.
Cependant, il s'accompagne d'un défi technique inhérent : les mêmes éléments structurels flexibles sont souvent sollicités pour remplir plusieurs fonctions qui entrent naturellement en conflit.
Le pied doit :
En d'autres termes, on demande à une même structure de se comporter à la fois comme un système de suspension et comme un cadre structurel.
Cela crée un compromis mécanique.
Une cheville plus souple peut offrir une plus grande amplitude de mouvement et une meilleure adaptation au sol. Toutefois, une flexibilité accrue peut également réduire la stabilité en position debout et entraîner un balancement postural plus important.
À l'inverse, une cheville plus rigide peut améliorer l'équilibre statique en limitant les oscillations du corps. Pendant la marche, elle peut également favoriser la symétrie du pas et un déroulé du pied contrôlé. Cependant, une rigidité excessive peut restreindre le mouvement, réduire l'adaptabilité et rendre la progression moins fluide.
Aucune approche n'est universellement meilleure.
Chaque réglage mécanique modifie l'expérience de marche différemment. Le défi ne consiste donc pas simplement à décider du degré de souplesse ou de rigidité d'un pied prothétique.
Il s'agit de déterminer comment sa rigidité doit se comporter tout au long du cycle de marche..
La rigidité d'un pied prothétique ne se résume donc pas au simple choix du matériau.
Même avec des matériaux composites avancés, une structure unique devant assurer simultanément flexibilité, stabilité, soutien et restitution d'énergie devra toujours trouver un équilibre entre des exigences mécaniques contradictoires.
Augmenter la flexibilité peut améliorer l'adaptabilité mais réduire la stabilité. Augmenter la rigidité peut améliorer le soutien mais limiter le déroulé naturel du pas.
La question n'est pas simplement :
Quelle doit être la rigidité du pied prothétique ?
Elle est :
Comment cette rigidité doit-elle évoluer à mesure que les exigences mécaniques de la marche changent ?
Cela déplace le problème de la science des matériaux vers l'architecture.
Et c'est là que Lunaris adopte une approche différente.
Au lieu de demander à une structure unique de remplir des fonctions contradictoires, Lunaris les sépare.
Son architecture endosquelettique s'inspire de la biomécanique : les os assurent le soutien structurel et les tissus mous gèrent le mouvement, la flexibilité et l'énergie. Chaque structure a un rôle dédié tout en travaillant en synergie.
Lunaris applique la même logique. Sa structure interne rigide est responsable de :
Parallèlement, la structure à ressort, en synergie avec la cheville, gère indépendamment :
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Plutôt que de compter sur un seul élément pour assurer à la fois le soutien et la flexibilité, ces fonctions opèrent de concert.
Le soutien ne se fait plus au détriment de la flexibilité, et la flexibilité ne compromet plus la stabilité. Cela modifie la logique mécanique du pied prothétique.
Au lieu de demander à un seul composant de résoudre tous les problèmes, chaque élément est conçu pour remplir un rôle mécanique spécifique.
La marche n'est pas un mouvement répétitif où le corps exige du pied qu'il se comporte de la même manière du début à la fin.
Bien au contraire.
Au cours d'un seul pas, les exigences mécaniques changent continuellement.
Lors du premier contact du pied avec le sol, un certain niveau de souplesse aide à absorber l'impact et à s'adapter à la surface. Quelques instants plus tard, à mesure que le centre de gravité du corps passe au-dessus du pied, la stabilité devient de plus en plus importante. Enfin, lors de la poussée, le pied doit soutenir efficacement la progression vers l'avant.
Le corps ne recherche pas un niveau de rigidité idéal unique.
Il recherche la réponse mécanique adaptée au bon moment.
C'est l'une des raisons pour lesquelles la cheville biologique est si efficace. Son comportement s'adapte en permanence tout au long du cycle de marche au lieu de rester mécaniquement constant.
Lunaris suit la même philosophie.
Plutôt que de maintenir la même réponse mécanique de l'attaque du talon au décollage des orteils, son architecture permet à la rigidité d'augmenter progressivement au fil du pas.
Au début du pas, le ressort reste relativement souple, aidant le pied à s'adapter au sol et favorisant un déroulé plus fluide.
À mesure que la charge augmente et que le corps avance, la rigidité s'accroît progressivement pour offrir un meilleur soutien et une plus grande stabilité lorsque les contraintes mécaniques deviennent plus importantes.
Au premier abord, cela peut sembler contre-intuitif.
Comment un même ressort peut-il devenir plus rigide sans changer de matériau ?
La réponse est étonnamment simple.
Imaginez que vous teniez une règle au bord d'une table.
Avec la majeure partie de sa longueur libre, elle se plie facilement.
Réduisez maintenant la longueur libre de la règle. Sans changer la règle elle-même, vous l'avez rendue nettement plus difficile à plier. Elle devient plus rigide.
Rien n'a changé au niveau du matériau.
Seule la longueur effective disponible pour la flexion est devenue plus courte.
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Ce principe mécanique simple est au cœur du mécanisme de butée de Lunaris.
Au fur et à mesure que l'utilisateur avance dans son cycle de marche, un point de contact supplémentaire — la butée— s'engage progressivement avec le ressort.
Cela raccourcit graduellement la longueur de travail effectivede la lame. En conséquence, le ressort devient naturellement plus rigide à mesure que la charge augmente.
Le matériau reste exactement le même. Le ressort lui-même ne change pas.
Seule la manière dont il est mécaniquement soutenu évolue tout au long du pas.
Cela permet à la rigidité d'augmenter précisément lorsque davantage de soutien est nécessaire, plutôt que de rester en permanence souple ou rigide.
Au lieu d'imposer un compromis entre flexibilité et stabilité, l'architecture aide à coordonner les deux.
C'est là que la conception dépasse la simple fonction de stockage et de restitution d'énergie.
Elle commence à guider le comportement du pied tout au long de la marche.
En séparant le soutien du mouvement, et en permettant à la rigidité d'évoluer progressivement pendant la marche, Lunaris aborde ce défi sous un angle différent.
Plutôt que de demander à une seule structure de tout faire, chaque composant contribue à une fonction spécifique.
Le résultat est un système mécanique conçu pour répondre aux exigences changeantes de chaque pas.
Le contact avec le sol est plus doux. La progression est plus fluide. Se déplacer dans des environnements quotidiens — des trottoirs plats aux sentiers irréguliers ou aux pentes douces — devient moins contraignant mécaniquement, car le pied ne dépend pas de la même réponse fixe tout au long du cycle de marche.
La conception d'un pied prothétique ne peut se résumer à un choix entre souple et rigide.
La marche exige souplesse, stabilité, soutien et progression à différents moments d'un même pas.
La cheville biologique y parvient grâce à une adaptation continue.
Lunaris aborde ce même défi par l'architecture.
En attribuant le soutien, le mouvement, la flexibilité et l'adaptation progressive de la rigidité à des éléments mécaniques dédiés, elle s'éloigne d'une conception basée sur un compromis fixe pour adopter une approche plus biomimétique.
En fin de compte, la marche ne se définit pas par une valeur de rigidité unique.
Elle se définit par la capacité remarquable du corps à s'adapter en permanence, pas après pas.
Prosthetic foot stiffness describes how strongly a prosthetic foot resists bending or deformation when forces are applied during standing and walking. It influences how the foot absorbs impact, supports body weight, adapts to the ground and contributes to forward progression.
Prosthetic foot stiffness influences stability, comfort, ground adaptation and rollover during walking.
A foot that is too compliant may provide insufficient support, while one that is too stiff may restrict movement and adaptability.
The appropriate mechanical response also changes throughout the gait cycle.
The mechanical needs of a prosthetic foot evolve throughout each step.
Greater compliance can help during initial ground contact, while support and stability become increasingly important as the body moves over the foot.
During later stance and push-off, a firmer response can help support forward progression.
Some prosthetic feet maintain a relatively fixed mechanical response, while others use their geometry or architecture to create progressive stiffness.
In Lunaris, a bumper progressively engages with the spring, reducing its effective bending length and increasing stiffness as loading increases.
Progressive stiffness means that a prosthetic foot becomes increasingly resistant to bending as it is loaded. This allows the foot to remain relatively compliant early in the step while providing greater support as mechanical demands increase.
