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February 15, 2022

Axiles Bionics remporte l'Innovative Starters Award 2021 d'Innoviris

Pierre Cherelle et ses prototypes de prothèses

Axiles Bionics est l'un des deux lauréats de l'Innovative Starters Award (ISA) d'Innoviris. Un coup de pouce de 500 000 € issu de cette initiative qui soutient les start-ups et scale-ups innovantes aux ambitions révolutionnaires dans leur domaine, afin de propulser leurs projets stratégiques de R&D.

En tant que fier lauréat de l'Innovative Starters Award, Pierre Cherelle, CEO d'Axiles Bionics, répond aux questions d'Innoviris.

Qui est Pierre Cherelle ?

Pierre Cherelle est le fondateur et CEO d'Axiles Bionics. Cette start-up est une spin-off de BruBotics, issue de la Vrije Universiteit Brussel, spécialisée dans la robotique, l'intelligence artificielle et la biomécanique humaine. Leur objectif est de développer la nouvelle génération de prothèses bioniques pour les personnes amputées des membres inférieurs.

Comment l'entreprise révolutionne-t-elle le monde médical ?

Les prothèses cheville-pied ont peu évolué en 50 ans, la majorité étant fixées à un angle de 90 degrés sans articulation de la cheville. Cela pose un réel problème aux utilisateurs, les forçant à compenser avec le reste de leur corps, ce qui s'apparente à marcher avec une chaussure de ski. Axiles Bionics vise à développer des prothèses articulées permettant une fonctionnalité musculaire, une véritable innovation sur laquelle ils travaillent depuis 15 à 20 ans. Aujourd'hui, cette technologie arrive à maturité pour une utilisation quotidienne par les personnes amputées.

Dans quelle mesure votre projet a-t-il un impact sur la région de Bruxelles-Capitale ?

L'impact social significatif sur les personnes à mobilité réduite et l'amélioration de leur quotidien en est un aspect. Un autre est la stimulation de la recherche académique en robotique, intelligence artificielle et biomécanique. Axiles Bionics ambitionne de créer un centre d'excellence en bionique avec des groupes de recherche de la Vrije Universiteit Brussel. Il est important de noter que tous les fabricants de prothèses existants sur le marché sont actuellement basés à l'étranger. Comme ces prothèses sont intégralement remboursées par l'assurance maladie, cela entraîne une fuite économique pour la région et le pays. Pierre Cherelle espère avoir un impact positif sur l'économie nationale.

Comment l'intelligence artificielle fait-elle progresser les prothèses bioniques ?

Il existe plusieurs aspects de l'intelligence artificielle que nous appliquons à nos technologies. Le premier est l'intelligence robotique. Un robot fonctionne comme un humain, avec une structure correspondant au squelette humain, une musculature correspondant au moteur du robot, un cerveau correspondant à l'intelligence, et des composants électroniques. Actuellement, une prothèse ne peut pas être directement connectée au cerveau humain. Nous devons donc introduire une forme d'intelligence dans la prothèse. Le principe de l'intelligence artificielle est de collecter des données sur l'utilisation, les entrées et les sorties. Plus nous avons de données, plus les liens deviennent clairs entre ce qui se passe dans l'environnement et la manière dont la prothèse doit répondre à ces stimuli. Lorsque vous marchez, si vous voyez des escaliers à 10 mètres, vous avez un retour cognitif automatique. Vous ajustez votre foulée, la fréquence de vos pas pour arriver précisément sur la première marche sans même vous en rendre compte. Le défi est qu'une prothèse non connectée au cerveau humain ne peut pas faire de même. Plus il y a de données disponibles, meilleure devient l'intelligence de la prothèse. C'est similaire au cerveau humain : plus on s'entraîne à une tâche particulière, plus on devient compétent dans ces activités.

Le second aspect concerne un type d'intelligence artificielle différent, appelé apprentissage par renforcement. L'idée est de créer des prothèses capables d'un apprentissage autonome. Comment la prothèse s'adaptera-t-elle aux différences de taille, de poids et de foulée de chaque personne ? C'est là qu'intervient le Plan d'Innovation Stratégique financé par l'Innovative Starters Award. L'objectif est de développer une plateforme de collecte de données dans le cloud qui capture l'utilisation de chaque prothèse sur le marché. Chaque soir, lorsqu'une personne amputée se couche, elle retire sa prothèse et la branche pour la recharger, comme un téléphone. Simultanément, nous développons cette plateforme pour envoyer les données collectées durant la journée vers nos serveurs, toujours sur le cloud. Initialement, ces données profitent à tous les utilisateurs pour améliorer le fonctionnement quotidien, mais elles permettent également un ajustement individuel pour chaque personne. Les données spécifiques de l'utilisateur peuvent être affinées. À l'aube, ces nouveaux paramètres sont renvoyés à la prothèse, de sorte que la personne se réveille avec une prothèse qui fonctionne mieux que la veille. Nous visons à développer une intelligence artificielle dans le logiciel afin que notre produit s'adapte à l'utilisateur, et non l'inverse.


Qu'est-ce qui vous plaît dans votre travail ?

Tout ! Mais ce que j'apprécie particulièrement, c'est la capacité à rallier des gens à ma cause, qui a débuté il y a 15 ans lors d'un projet de recherche académique. J'aime rassembler un grand nombre d'acteurs : l'équipe de direction, les employés, les futurs collaborateurs, ainsi que des entités bruxelloises comme Innoviris ou Hub.brussels, des prothésistes, des professionnels de santé, et bien d'autres. Beaucoup d'enfants rêvent de travailler dans la robotique ou l'intelligence artificielle, nous réalisons donc que nous avons un rôle important à jouer. L'impact social positif est également une grande source de satisfaction.

Quel a été votre parcours avant Axiles Bionics ?

Pierre est physicien. Il a étudié la physique à la Vrije Universiteit Brussel, puis a poursuivi avec un doctorat en robotique. Grâce à ses résultats, il a bénéficié d'une aide financière d'Innoviris pour lancer sa spin-off. Cette expérience lui a permis de travailler sur le développement commercial. Avant de fonder Axiles Bionics, Pierre a traversé le processus exigeant de recherche de financements et d'investisseurs. Un jour, avec son équipe, ils ont réussi à obtenir un financement de plusieurs millions d'euros, lui permettant de lancer l'entreprise et d'embaucher ses premiers employés. C'était il y a trois ans. Depuis, il continue de développer Axiles Bionics et ses produits.

Selon Pierre, l'une des forces de l'Innovative Starters Award est qu'il ne se concentre pas uniquement sur la technologie ou l'intelligence artificielle ; il aborde également les nouveaux modèles économiques qui aident à mettre un produit sur le marché.

Retrouvez l'article sur l'ISA sur le site web d'Innoviris.

Frequently asked questions

Innovative Starters Award
Impact social
Prothèses bioniques

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