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September 13, 2019

Start-up du jour : Axiles Bionics conçoit un pied prothétique articulé

Pierre Cherelle, PDG d'Axiles Bionics

Qu'est-ce qui vous a poussé à créer Axiles Bionics et quel problème cherchez-vous à résoudre ?

Jusqu'à présent, les personnes amputées d'un pied devaient se contenter de prothèses sans articulation. Ces dispositifs ne fonctionnent pas comme un pied réel, ce qui provoque des douleurs dorsales chez les utilisateurs. La technologie actuelle des prothèses remonte à cinquante ans, les premiers pieds en bois imitant l'apparence d'un pied réel ayant été produits dans les années 1950. Aujourd'hui encore, la plupart des pieds prothétiques possèdent une structure interne en bois. Nous pensons pouvoir améliorer ces prothèses en y intégrant une articulation grâce à la robotique. Le défi réside dans le contrôle de cette articulation artificielle pour restaurer la fonctionnalité. C'est là que les muscles du corps entrent en jeu. La robotique peut répondre à ce besoin en intégrant des ressorts et des moteurs qui imitent la fonction musculaire dans le pied artificiel. Jusqu'ici, les prothèses n'étaient pas capables d'opérer avec la finesse d'un pied réel, principalement parce que certains mouvements exigent de générer une quantité importante d'énergie en un temps très court, une prouesse que les moteurs actuels ne peuvent accomplir. Chez Axiles Bionics, nous utilisons des ressorts combinés à un moteur au sein d'un système mécanique complexe capable de générer cette puissance. Cette méthode peut être comparée à l'utilisation d'un arc et d'une flèche : en tendant la corde, la flèche peut parcourir une distance bien plus grande que si elle était lancée à la main. Les études biomécaniques montrent que l'action musculaire dans les pieds fonctionne de manière similaire.

Quel a été le plus grand obstacle que vous ayez dû surmonter ?

Le plus délicat est de reproduire le fonctionnement des muscles. Plusieurs groupes de recherche dans le monde travaillent sur cette question, mais il n'existe pas encore de résultats concluants. Le corps humain est incroyablement difficile à imiter ; il est d'une complexité extrême. Le second défi est que les humains peuvent vivre jusqu'à 80 ans sans avoir à remplacer leurs « pièces ». Les composants robotiques, eux, s'usent très vite. Il faut garantir une durée de vie d'au moins trois ans, ce qui n'est pas simple. Le corps humain se soigne lui-même, mais une machine ne le peut pas. De plus, le système ne doit présenter aucune faille. Il est également crucial que la technologie reste abordable. Personne ne peut se permettre de fabriquer un pied robotisé à 100 000 € qu'il faudrait remplacer tous les trois ans. Cela n'aurait aucun sens. Au cours des prochains mois, nous travaillerons sur la manière d'apporter une solution intelligente à ce problème grâce à notre technologie.

Quelle a été la percée la plus significative à ce jour ?

Il s'agit de la recherche universitaire que nous avons menée. À l'époque, nous n'avions pas vraiment prévu de commercialiser un prototype. L'étape la plus difficile a été de décider de créer une entreprise pour transformer ce prototype en un produit prêt pour le marché. Nous devions recruter du personnel et trouver des financements, ce qui est indispensable pour rendre cette technologie accessible.

Qu'attendre d'Axiles Bionics pour l'année à venir ?

Dans les mois à venir, nous continuerons à encourager la recherche et le développement, tant au sein d'Axiles Bionics qu'avec nos partenaires, comme les groupes de recherche en robotique et en intelligence artificielle de la Vrije Universiteit Brussel. L'union fait la force. Nous croyons fermement en ce type de collaboration. Nous sommes convaincus qu'elle nous permettra de progresser efficacement, aussi bien dans le domaine de la recherche fondamentale que dans l'application d'un premier produit. Nous ne voulons pas simplement nous présenter comme des développeurs de prothèses. Je nous vois davantage comme une entreprise spécialisée dans la robotique, l'intelligence artificielle et l'interaction homme-robot. Notre objectif est d'améliorer la qualité de vie.

Où voyez-vous Axiles Bionics dans cinq ans ? Quel est votre objectif ultime ?

Nous souhaitons développer un centre d'excellence à Bruxelles, en collaboration avec notre partenaire Brubotics de la Vrije Universiteit Brussel. Nous visons à devenir des pionniers dans ce nouveau domaine et à nous implanter durablement à Bruxelles.

Comment l'innovation d'Axiles Bionics améliore-t-elle les prothèses existantes ?

Grâce à la robotique, nous pouvons garantir que le pied artificiel soit à la pointe de la technologie à tous les niveaux : mécanique, contrôle électronique et intelligence artificielle. Actuellement, la robotique est peu présente dans le domaine des prothèses. Nous intégrons une fonctionnalité articulaire dans les pieds artificiels, ce qui aidera l'utilisateur au lieu de lui imposer une contrainte.

Axiles Bionics fait partie des vingt startups nominées en juillet par le réseau paneuropéen RobotUnion pour un prix pouvant atteindre 223 000 €. La prochaine étape de ce concours européen de startups aura lieu en octobre.

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